Friday, November 23, 2012

Jaisalmer, notre petite dernière

Jodhpur by night
Et déjà, il est le temps de dire au revoir à Jodhpur. Du moins, pour moi. Fredy projette de s'y installer pendant ses semaines supplémentaires pour y vivre au rythme local. Le chanceux! Jodhpur est vive, animée et colorée. Elle pourrait, c'est certain, bénéficier d'une visite chez l'esthéticienne mais ce ne serait que camoufler les rides et la corne aux mains qu'elle a bien gagnées et qu'on ne doit pas cacher. Namaste, Jodhpur.

Le caméléon
On se dirige vers notre dernière mais qui fût, de fait, la première. Avec son fort datant de 1156, elle est la plus ancienne des trois villes que nous visitons et a un passé enraciné profondément dans l'histoire du Rajasthan. On l'appelle Jaisalmer, la blonde, à cause de la pierre utilisée pour bâtir le fort et la petite ville qui l'entoure.

L'architecture, unique en son genre, est splendide. Il faut voir ces maisons, ces havelis qui semblent sculpter dans le bois. On s'approche pour s'apercevoir que c'est de la roche. Incroyable de voir le détail de ce travail. De nouvelles constructions côtoient les anciennes et il fait chaud au coeur de voir que cet art (c'est vraiment de l'art!) se préserve. On nous a expliqué qu'une famille indienne peut espérer avoir une maison pendant sa vie. Alors, on économise, économise, forme une cagnotte avec les autres membres de la famille et on bâtit quelque chose qui peut accueillir trois générations et être l'orgueil de tous.

Vu qu'on ne se tanne jamais, on y va pour un autre tour de fort. Celui-ci, il faut le visiter au plus vite. Il est sur la liste des sites menacés de disparition. La cause: la bête humaine. D'un côté, la ville a bâti hâtivement un système d'égoûts. Mal bâti, le système crée un niveau d'humidité nocif aux fondations qui s'effritent. De l'autre côté, un tourisme relativement massif qui fait un usage non-réfléchi d'eau, ce qui ajoute au problème. Du coup, on passe à la bière, à l'espresso qui prend moins de café, l'hôtel n'offrant l'eau chaude que le matin de 7 à 9, il est facile de passer par dessus la douche. On dort l'âme un tout petit peu en paix.

Jaisalmer est aussi enrichie par la culture du désert. Ça se goûte dans la nourriture avec les sauces à base de produits laitiers parce que l'eau est trop rare, ça se sent par le sable qui est omniprésent malgré les efforts soutenus de ces femmes infatigables et ça se voit dans l'architecture un peu style adobe.

On aime, on adore malgré la horde de touristes, de tous les petits vendeurs qui vendent les mêmes foulards, tissus, pashmina qui ressemblent étrangement à ceux que l'on retrouve sur les rues de Manhattan. On trouve des trucs pour s'éloigner et voir la petite vie que certains trouvent moins intéressante: les écoliers en uniforme (contrairement à Jodhpur, c'est plein ici, signe d'un certain effort de scolarisation), le marché, la lessive, les petits métiers.

On découvre aussi le fort, le soir quand les vendeurs ont plié bagage et que les "autocars" sont partis. C'est charmant, romantique. Ca paraît irréel, un peu comme un film.

La ville étant petite, les quatre jours que nous avons passé à Jaisalmer nous ont permis de faire le tour. Nous partons heureux avec une seule ombre au paysage. Fredy avait espéré voir et entendre la musique de cette région. Un des maîtres normalement à Jaisalmer est dans son village pour célébrer Diwali. Fredy comprend et prend cela en grand garçon. Quand même dommage!

 

2 comments:

  1. J'adore ton blog mimiyork! Belle écriture, superbes photos. On veut continuer à suivre Fredy avec sa propre version! SVP Fredy ....

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  2. Love the photos! I second the idea that Fredy continue on with the blog! It has been a mini-vacation for me to read these posts. Can you leave him your iPad?

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